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LA SEMEUSE
Plateforme de recherche pour une biodiversité Urbaine


À l’origine du projet, l’artiste et architecte Marjetica Potrč, en collaboration avec RozO Architectes a entamé en 2010 une recherche intitulée La Semeuse ou le devenir indigène. A son point de départ, le projet de La Semeuse a été de mettre en relation la biodiversité végétale et la diversité culturelle de la ville d’Aubervilliers. Il s'est par la suite développé sur le principe d'une plateforme d’échanges autour du jardinage et de la sensibilisation du public à la préservation de la biodiversité dans l'espace urbain. Il est actuellement coordonné par Ariane Leblanc qui travaille à tisser des relations entre espaces publics et/ou communs aux albertivillarien(ne)s.

 


 

RESSOURCE ET TRANSMISSION

La Semeuse est une plateforme d’échanges et d’expérimentations autour des questions environnementales, de développement durable et des savoir-faire. Des rencontres régulières sont organisées autour de la grainothèque, des plantes, mais aussi des connaissances de chacun. Véritable réseau de coopération, La Semeuse développe sur un temps long des dynamiques partenariales entre des acteurs du champ environnemental, social et culturel et favoriser ainsi un dialogue et un partage d’expériences.

La Semeuse souhaite faire émerger des moments qui sont susceptibles de nous rendre capables de prêter attention aux êtres humains et végétaux invisibilisés, discrets ou marginalisés qui nous entourent pour mettre en oeuvre des dispositifs d’action et de transmission. Face à la difficulté de trouver des espaces que chacun puissent s’approprier ou encore d’échapper à un temps monnayable, La Semeuse ouvre sa plateforme à la pluralisation et la multiplication d’actions, témoignages, récits, pratiques des acteurs de la ville d’Aubervilliers afin de créer des expériences communes, d’établir un commun à notre échelle.   

La végétation n’est plus un simple outil de décoration. Le végétale est un véritable agent politique qui atteste d’une histoire collective. Elle fait partie intégrante d’une politique et d’une économie réelle. Les habitants ne veulent plus simplement consommer leur espace mais en devenir acteurs. Ils créent ainsi un nouveau type d'urbanisme citoyen, qui passe notamment par le déploiement d’actions menées dans leur quartier. Ainsi les jardins d’Aubervilliers permettent de réactiver la mémoire de cette ville, de la reconnecter à son histoire maraîchère en particulier. Ils permettent aussi de développer des usages qui engrangent de nouvelles relations entre la nature et les humains au sein de la ville.  

La Semeuse est un outil de ressource et de transmission, une plateforme à la disposition de tous. Un lieu d’entraides qui génère des espaces de transmission selon les personnes qui l’activent.

Des rendez-vous réguliers sont mis en place qui prennent différentes
formes : rencontres, conférences publiques, ateliers d’échange et de transmission autour des pratiques, expériences et savoirs des habitants d’Aubervilliers.     

 

LE LIEU, LA MATIÈRE, L’USAGE

La Semeuse, plateforme de recherches pour une biodiversité urbaine, est un projet qui évolue au sein des Laboratoires d'Aubervilliers. Il vise à sensibiliser les usagers de la ville à la biodiversité « spontanée » qui pousse dans les jardins, entre les fissures des trottoirs et dans les friches. Plus connues sous le nom « d’indésirables », ces plantes non domestiquées possèdent des vertus pour les sols, pour l’homme et attestent d’une diversité sauvage en espace urbain. Ces espaces invisibles gardent les secrets d’une biodiversité locale souvent ignorée.

Ces interstices végétales permettent de poser plus largement la question de l’interstice dans la société, celle des identités sexuelles, de la nature qui s’impose hors des jardins et des espaces domestiqués et de la ville dans sa capacité de réinvention quotidienne des usages contre les formes de consommations capitalisées. L’interstice c’est ce qu’il y a « entre » les choses. Il propose une porosité entre les différents types d’espaces urbains pour ouvrir la possibilité aux réappropriations subjectives. L’agir interstitiel permet de jouer sur les règles imposées par l’urbanisme. Les interstices peuvent prendre de multiples formes et offrir de nouvelles logiques d’actions et d’appropriation de l’espace urbain. Ils permettent la création de formes de résistances dans un contexte de forte homogénéisation et de hiérarchisation. Les interstices constituent en quelque sorte une réserve de disponibilité. C’est un moyen d’assouplir les différentes temporalités traversées par les habitants pour en limiter les emprises institutionnelles. Du fait de leur caractère transitoire et mobile, ils laissent deviner ou entrevoir d’autres conceptions possibles dans la conduite d’une activité ou d’autres processus de fabrication de la ville, plus ouverts et collaboratifs, plus réactifs et transversaux. C’est ainsi que « l'ordinaire » (jardiner, jouer, pique-niquer…), qui se construit dans ces espaces, devient expérience sociale et politique.   

 

PROGRAMMATION à venir

Des ateliers seront mis en place tout au long de l’année afin de trouver et de créer des lieux de passage entre l’humain et la nature en ville. L’objet sera de faire parler le paysage d’Aubervilliers à travers l’usage des végétaux de notre espace quotidien invisible.
Ainsi, l’artiste François Génot travaillera à explorer les potentiels d’un lieu laissé en friche pour en extirper sa matière végétale. Il transformera cette matière en outil afin de développer un langage grâce à l’empreinte et la trace des végétaux. Cet inventaire des possibles permettra de créer de nouveaux usages.
Des ateliers de reconnaissance de plantes et d’autres mêlant arts plastiques et plantes sauvages avec l'association Auberfabrik permettront d’activer l’histoire maraîchère de ces espaces en friche et de développer des modalités de transmission. Ces découvertes et expérimentations se feront au travers d'un parcours déambulatoire dans les différents espaces de la ville.

Les plantes ont toujours accompagné les flux humains depuis la colonisation, la plantation coloniale est une organisation sociale économique et politique autour de la matrice végétale. En ce sens la végétation dépasse largement le fait de mettre quelques plantes dans un jardin. L'enjeu du projet n'est pas centré sur les bienfaits écologiques attendu de tout projet de plantation en site urbain ; il est de mettre l'accent sur la végétation comme agent politique, et pour cela de poser la question de la graine et la plante dans l’espace urbain. C’est en ce sens que graines et plantes circuleront dans la ville sous différentes formes. Cela nous amène à poser un autre regard sur Aubervilliers, et de rendre visible l’imperceptibilité de nos espaces quotidiens.

 


 

Suivez l'actualité du projet sur https://semeuse.wordpress.com/

Contactez-nous : Ariane Leblanc
06 95 85 01 61
lasemeuse.aubervilliers@gmail.com





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La Semeuse bénéficie du soutien du Conseil régional d’Île-de-France, de Plaine Commune, de la ville d’Aubervilliers.
Elle a également bénéficié du soutien de la Fondation de France et du Conseil Régional - Action exceptionnelle COP21 pour l'année 2015.

Nous tenons à remercier les personnes qui nous ont aidé en donnant de leur temps et de leur enthousiasme pour faire vivre ce projet et particulièrement à Valérie Lessertisseur, l’association Auberfabrik  (Sylvie Napolitano, Valérie Truong et David Caubère), Alain Chapel des Petits prés verts (Aubervilliers), Yassine Elkherfih du collectif ya+k, Tibo Labat, Morgan Blanc, Louise Lefebvre et Vincent Confortini ( Bloc Paysage), les Jardins ouvriers des Vertus (Aubervilliers), les Bois de Senteur (Aubervilliers), la Crèche Lécuyer (Aubervilliers),  l’ALJ93, l’ADEF, la cité des Fusains (Rivp), la boutique de quartier Paul Bert, les services de la vie associative, de la démocratie locale, de l’économie sociale et solidaire et des espaces verts d’Aubervilliers et de Plaine Commune, Lapeyre.

 

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