Séminaire Quelles autonomies ? - Rencontre #6
Jeudi 26 Avril 2018, 19h00 » 22h00

Séminaire Quelles autonomies ? - Rencontre #6

Jeudi 26 avril 2018, à 19h

 

La commune sauvée.

Rencontre avec Marcello Tarì.

Jeudi 26 avril 2018, à 19h

 

 

Pour cette sixième rencontre du séminaire Quelle autonomies ?, nous accueillerons Marcello Tarì autour de la réflexion qu'il mène depuis des années sur le communisme.

Marcello Tarì nous dit que le communisme ne peut pas être l'institution du commun. Il n'est pas une affaire de collectifs mais d'intensités par lesquelles la destitution de l'ordre existant opère l'expérience d'une transmutation. Il ne s'agit pas de nouveaux « processus de subjectivation » mais d'êtres saisis par l'événement. Et s'en saisissant dans le même mouvement.
Dans son intervention, Marcello Tarì nous proposera un retour aux autonomies italiennes des années 70, pour mieux signifier que le communisme est toujours un commencement et le souvenir du commencement.

« Pour toutes ces raisons, il faudra toujours parler d’autonomies au pluriel et jamais d’une autonomie. En revanche, l’une des fautes fatales commises, à cet égard, à la fin des années soixante-dix, par les fractions autonomes, sous le charme d’un certain pseudo-léninisme, a été celle de penser que face à la contre-offensive de l’État et du capitalisme il fallait ramener ces formes de vie en sécession à une nouvelle unité de classe ouvrière ― composée peut-être d’« ouvriers sociaux » ― et construire donc de l’extérieur un Tout, une totalité antagoniste destinée à entrer en collision avec la totalité de la domination pour l’appropriation du pouvoir, bref de vouloir rétablir cette dialectique constituante qui semblait avoir été abandonnée dans les années précédentes grâce justement à l’explosion des autonomies. (...)
L’organisation des intensités dans la commune est bien différente de l’acte d’organiser des individus à travers un collectif. Alors qu’un collectif prend appui sur un mode de fonctionnement « humain, trop humain », l’autre génère des mutations ontologiques dès qu’elle entre en contact avec un lieu, la commune donc, qui ne peut jamais être composée uniquement d’êtres humains, mais qui existe uniquement dans la mesure où elle exprime une certaine communicabilité entre individus, animaux, plantes, machines, livres, musiques, récits, esprits : bref, tout un monde.
Les condensateurs d’intensité sont cette magie qui opère à l’intérieur de la matière du communisme ».

 

Marcello Tarì est chercheur indépendant, spécialisé dans l’histoire de l’Italie des années 1970. Auteur de Autonomie. Italie, les années 70, paru aux Editions La Fabrique en 2011, il a également publié en Italie Movimenti dell’Ingovernabile. Dai controvertici alle lotte metropolitane et a contribué à Gli autonomi. Le teorie, le lotte, la storia en 2007. Il a plus récemment, en 2017, publié Non esiste la rivoluzione infelice. Il comunismo della destituzione, chez Derive Approdi.

 

 

Entrée libre sur réservation à
reservation@leslaboratoires.org ou au 01 53 56 15 90

 

 

 

Paysage réalisé par Ceija Stojka, peintre tzigane, fin du XXe siècle
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