Volmir Cordeiro, danseur et chorégraphe né au Brésil, est présent aux Laboratoires depuis août 2015 pour avancer un travail de recherche.

Dans le cadre d’une thèse à l’Université Paris 8, département Danse, il poursuit une recherche sur les figures de la marginalité dans la danse. Une étape de cette recherche consistera à interroger les modalités d’analyse de certaines œuvres chorégraphiques, celles notamment constituant le corpus de sa thèse-création, à partir d’un travail de reconstruction gestuelle mis-en-scène.

L’enjeu est celui de passer de l’écriture au geste, à travers l’exercice de reconstitution sur le plateau de l’œuvre analysée, afin de complexifier les rapports entre description et performativité. Des modalités formelles et des procédures créatives liées au travail du danseur sont convoquées pour trouver le juste déplacement de l’ « œuvre vue » à l’ « œuvre vécue », dans une recherche qui poursuit le pouvoir des mots à l’égard de la rencontre avec la danse. L’objectif sera d’approfondir la perception et la lecture d’un geste par son incarnation fictive, physique et sensorielle qui passe autant par l’écrit que par l’expérience du corps sur scène.

La vie et le sentir du « studio » configurent une approche aux œuvres qui déterminent les façons de l’appréhender, afin de les mystifier grâce au pouvoir de l’énigme déclarée lors des altérations dues aux changements des médiums.

Il sera question de regarder la vidéo de l’œuvre au travail, de la transcrire, de la vivre corporellement, de l’écrire et puis de réécrire l’expérience, jusqu’à faire d’un tel processus une forme de procédé par intensification critique du corps du danseur devant l’œuvre chorégraphique. O samba do crioulo doido (La samba du noir fou), pièce du chorégraphe brésilien Luiz de Abreu fera partie de ce corpus, laquelle fonde cette démarche qui consiste à éprouver le geste d’une œuvre comme stratégie pour le rendre parlant, puis analysé.