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Dans le cadre des acquisitions régulières d’ouvrages qui viennent augmenter le fonds documentaire de la Bibliothèque des Laboratoires, nous avons souhaité créer cette rubrique sur le site qui en fasse régulièrement état. En la découvrant ci-dessous, vous accédez à l'ensemble des dernières publications acquises par Les Laboratoires. Et, il vous est également possible de les emprunter (excepter les documents audiovisuels) dans le cadre du dispositif des fiches de convivialités.

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Les existences moindres
par David Lapoujade
Editions de Minuit, 2017

Toute création n’est-elle pas un plaidoyer en faveur des nouvelles existences qu’elle crée ? N’est-ce pas le problème de toutes existences, dès lors qu’elle sont privées du droit d’exister de telle ou telle manière ?

Cette interrogation parcours le livre de David Lapoujade, très bel essai qui, au croisement de l’existence, de l’art et du droit, porte sur un philosophe, Etienne Souriau (1892-1979), dont on parle peu à qui ont doit notamment une esthétique de la philosophie en tant qu’art par lequel chaque philosophie se pose et s’instaure elle-même avant de s’exercer dans un champ déterminé.

Le texte permet également de soulever la question que s’est posée Etienne Souriau, à savoir est-ce que toutes les entités (personnes, êtres virtuels, phénomènes, choses imaginaires) existent-elles de la même manière ?  Certaines existes elles d’autant plus qu’elles paraissent plus réelles ?

Avec Etienne Souriau, l'essai permet de souligner que toute chose, nous y compris, a une existence inachevée : tout est dans le demi jour. Reste à chacun de savoir comment il peut exister vraiment, pourquoi l’existence qui nous semble donnée n’est en fait jamais donnée, mais se conquiert pour devenir enfin réelle ?

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Z - Revue itinérante d’enquête et de critique sociale
N°11 Paris - Travail social - Automne 2017
Éditions Agone, 2017

Créé en 2008, Z - Revue itinérante d’enquête et de critique sociale est une publication collective annuelle abordant chaque année une nouvelle problématique liée à l’actualité et ancrée dans un territoire spécifique investi pour l’occasion, tel Sexisme et solidarités féministes à Marseille (Z10), Start-up, high-tech et Silicon Valley à Toulouse (Z9) ou encore Héritage des luttes des quartiers populaires à Vénissieux (Z8). Au gré des sujets et investigations menées par les contributeurs, la revue s’installe pour un temps donné sur un territoire en vue de nouer des liens concrets avec la population et de donner la parole aux protagonistes sous la forme de témoignages, journaux de bord, entretiens, reportages, etc.

Pour ce 11ème numéro, Z s’est établie près de la Porte de la Chapelle, dans et autour du nouveau centre d’hébergement des réfugié.e.s, improprement appelé « humanitaire », pour questionner la politique d’inhospitalité de la France.

Tandis que chaque numéro ouvre ses colonnes aux acteurs qui oeuvrent sur le terrain souvent de manière anonyme, ce N°11 / Paris Travail Social rassemble des contributions mêlant enseignants, éducateurs spécialisés, militants, bénévoles d’association de soutiens et de maraudes parisiennes, etc. Articulé en 4 grands thèmes - le Temps des campements, la Voix de la rue, l’Industrie du social et les Autonomies précaires - et riche de textes retraçant l’histoire de ces politiques publiques, d’enquêtes et d’entretiens, ce numéro tente de décrypter la politique française face à l’immigration et pose « à nouveau frais la question lancée en 1974 par des travailleurs sociaux en lutte : "Qui servons-nous ?" ».

 

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René Vautier en Algérie 
(coffret DVD à consulter sur place)
Éditions Les Mutins de Pangée, 2016

Ce coffret de 4 DVD rassemble 15 films et entretiens du réalisateur René Vautier, dont l'un des plus emblématiques est celui réalisé sur la guerre d'Algérie en 1972. Avoir 20 ans dans les Aurès, un des rares films de fiction du réalisateur, est proposé ici dans une version restaurée. Il est aussi augmenté d'un livret de 28 pages comprenant un entretien avec René Vautier et un texte de Marie Chominot "René Vautier, L'Algérie en coeur".

René Vautier, militant anti-colonialiste, a su utiliser le cinéma comme outil de réflexion dans la lutte pour l’indépendance algérienne et contre l’armée coloniale française en Afrique. Il filme au plus près les atrocités de la guerre d’indépendance, en étant le seul à poser un regard empathique sur les maquis algériens dont il capte le quotidien. 

Peu après l’indépendance, il crée le Centre Audiovisuel d’Alger puis met en place et développe les ciné-Pops en Algérie. Il s’agit d’un véritable cinéma ambulant, installé en plein air, qui a pour objectif de mettre "l’image et le son à disposition de celles et ceux à qui les pouvoirs les refusent". 

Plus tard, en 1967, il rejoint le groupe Medvedkine, expérience de cinéma militant, formée auprès du réalisateur Chris Marker dans le cadre des mouvements sociaux de la même année, afin de montrer les luttes syndicales dans les usines de la région de Sochaux et Besançon notamment.

René Vautier est le cinéaste le plus censuré de l’histoire du cinéma français, celle-ci ayant en effet touché la quasi totalité de son oeuvre. Il a cependant reçu le prix international de la critique du festival de Cannes en 1972 pour son film Avoir 20 ans dans les Aurès. Mort en janvier 2015, il aurait réalisé quelques 180 films, la plupart ayant disparus dans les évènements de l’histoire dont il a été l’un des témoins essentiels, et probablement à cause de la censure.

 

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How to become a lesbian #0
par The Cheapest University
Presses Donna Quixote, 2016

Éditée par DQ Press, maison d’édition universitaire fondée par les membres de The Cheapest University, université expérimentale et gratuite, le numéro #0 de la revue How to become a lesbian résulte d’un workshop du même nom mené par Sabrina Soyer en 2016. Publication dont le format la situe entre le fanzine et la revue d’artiste, How to become a lesbian. Une revue bilingue - For fork tongued folk articule textes en français/anglais et propositions visuelles autour d’un texte. Pour ce numéro #0, un extrait de INFERNO (a poet’s novel) de Eileen Myles a été traduit par Emilie Noteris et Sabrina Soyer. Autour de cet extrait s’articulent les contributions d’artistes et d’auteurs, entre expériences poétiques et littéraires, autour des « formats de l’écriture en lien avec la “carrière de l’artiste” ». Ce numéro tente de poser face à face questions et formes qui entourent nos carrières d’artistes. 

Avec les contributions de Polly Wall / Sabrina Tarasoff / Sam Basu / Hélène Baril / Blanche Denarnaud / François Lancien-Guilberteau / Eileen Myles (trad. Emilie Noteris & sabrina soyer) / Louise Sartor / Ian Breakwell (trad. Alicia Vaisse) / Jérémie Gaulin / Maxime Bichon / Giles Eldridge / Éric Stephany…

 

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Pour une histoire naturelle du don
par François Athané
PUF, coll. Pratiques théoriques, 2011

François Athané propose une réflexion sur le don et plus largement sur la notion de transfert à partir d’un classique de la littérature de science sociales, Essai sur le don de Marcel Mauss, publié en 1937. En s’appuyant sur le contexte historique, politique et les sources utilisées par Marcel Mauss, le philosophe s’applique à éclaircir, en les différenciant, les notions de don, d'échange, de dettes ou d’intérêts, termes dont la confusion dans l’interprétation a pu contribuer aux malentendus et interprétations contradictoires de l’oeuvre de Mauss.

A cet effet, il s’attache particulièrement aux différents travaux de recherche effectués sur le don par des auteurs comme Claude Levi-Strauss, Pierre Bourdieu, René Maunier, Claude Lefort et Jacques Derrida. Il déploie sa réflexion autour de la théorie émise par l’anthropologue Alain Testart selon laquelle le don fait partie d’une forme possible de transfert de propriété, au même titre que l’échange, ou de ce qu’il nomme le transfert du troisième type (T3T) comme l’impôt ou la taxe, par exemple. Il ajoute, à cette théorie, un quatrième type de transfert qu’il nomme la prédation. L’auteur, enfin, souligne l’universalité du don dans l’espèce humaine et son caractère vital pour le genre humain.

François Athané est intervenu aux Laboratoires d’Aubervilliers dans le cadre du deuxième atelier de lecture du Printemps des Laboratoires #6 “Endetter et Punir”, le 16 novembre 2017. Il y a présenté son texte Penser la dette avec Alain Testart. I- L'esclavage comme statut. II- Esclave du sexe ?, publié le 3 novembre 2016 sur le site « Implications Philosophiques. Espace de recherche et de diffusion ». Il s'agit d'une communication qui avait été prononcée le 19 février 2016 à l'Ehess. 

 

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Roms & riverains: une politique municipale de la race
par Éric Fassin, Carine Fouteau, Serge Guichard, Aurélie Windels
La fabrique éditions, 2016

« Ce livre montre comment l’Etat français, empêché par ses propres lois de traiter les Roms, citoyens européens, comme il traite les sans papiers tunisiens ou maliens, délégue aux municipalités la tâche de démolir les camps et de chasser leurs habitants. Il montre comment, pour ce faire, maires et adjoints s’appuient sur un réel ras-le-bol des riverains. Il montre aussi, circulant comme des fantômes, les enfants roms, par terre avec leur mère sur un carton rue du Temple ou cheminant dans la nuit sur le bord de la nationale pour gagner l’école d’une commune éloignée qui accepte de les recevoir. Un livre pour voir ce que nous avons chaque jour sous les yeux ». 

L'ouvrage collectif s’attache en somme à montrer l’impact des politiques publiques sur le quotidien de la population Rom en France, à travers les analyses d’Éric Fassin (enseignant à Paris 8 en Sciences politiques), de Carine Fouteau (journaliste à Mediapart), de Serge Guichard (militant et membre fondateur de l’Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines roms) et d’Aurélie Windels (journaliste et coordinatrice du collectif Cette France-là).

 

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Mon corps, ce bouddhiste
par Deborah Hay,
traduit de l'américain par Laurent Pichaud et Lucie Perineau.
les presses du réel, 2017

Livre témoignage du quotidien de la chorégraphe Déborah Hay au sein duquel elle liste notamment « les enseignements reçus de son corps, ce
« maître » auprès duquel elle se met au travail depuis plus de trente ans.
Mon corps, ce bouddhiste, paru aux Etats Unis en 2000 est à la fois un témoignage sur le quotidien de la chorégraphe-danseuse, un recueil de textes partitionnels et un espace de réflexion sur sa pratique. Cet ouvrage fait également le point, de manière plus programmatique sur les concepts et les prises de position qui servent de moteur à ses expérimentations ».

Laurent Pichaud, co-traducteur de cet ouvrage, réalise actuellement une recherche sur le travail et les créations de la danseuse et chorégraphe américaine. Il avait été accueilli aux Laboratoires d'Aubervilliers, entre février et mars 2017, pour un cycle de travail avec ses étudiants de Paris 8 qui, sous le titre Performer la recherche : cinq séances sur Déborah Hay, comportait des temps ouvert au public. 

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Archive pour une oeuvre-évènement - Projet d’activation de la mémoire corporelle d’une trajectoire artistique et son contexte
par Suely Rolnik
Carta Blanca Éditions, 2011

Publié par Carta Blanca Éditions, ce coffret de 10 dvd regroupe 20 des 65 entretiens collectés par la psychanalyste et critique d’art Suely Rolnik au cours de son projet de recherche « Archive pour une oeuvre-événement » qui porte sur les expérimentations corporelles tel « Structuration du Self » de l’artiste Lygia Clark. Ce « Projet d’activation de la mémoire corporelle d’une trajectoire artistique et son contexte » rend compte par la parole de ses participants ou témoins de la dimension thérapeutique et esthétique des projets menés par l’artiste à partir de 1962 au Brésil ou en France. 

Cet objet a par ailleurs été présenté aux Laboratoires d'Aubervilliers en 2012 à l’occasion d’une rencontre publique entre Jennifer Lacey ― alors en résidence pour le projet « I heart Lygia Clark » ― et Suely Rolnik. Une boîte d’archives articulée autour des « Soins aesthétiques » et directement inspirée de l’oeuvre de l’artiste brésilienne est également consultable sur place, aux Laboratoires d'Aubervilliers.

 

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Flore des friches urbaines
par Audrey Muratet, Myr Muratet et Marie Pelaton
Editions Xavier Barral, juin 2017

Les auteurs de l'ouvrage ont arpenté les espaces délaissés du nord de la France et des régions voisines. Cette publication prend la forme d'un guide et propose trois accès à l’identification de la flore spontanée des friches urbaines. La première se fait par le type de végétation auquel appartient la plante, la seconde en parcourant les 258 fiches-espèces ordonnées par famille et, enfin, la troisième grâce à la clé de détermination illustrée à la fin de l’ouvrage.

L'ouvrage s'attache à recenser les plantes et végétations découvertes dans les interstices minérales, en milieu pionnier sans aucune perturbation humaine, dans les zones franches de la ville maintenue par une gestion anthropique, et sur les berges et les zones humides. Il indique également les caractéristiques de chacunes de ces plantes, leur évolution et transformation dans le temps vis-à-vis des espaces investis.

Audrey et Myr Muratet ont par ailleurs été invités par La Semeuse à venir échanger autour de leur publication avec l'artiste François Génot, lors de l'ouverture de la résidence de ce dernier à La Semeuse.

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Changement à vue
par Jean-Christophe Bailly et Alexandre Chemetoff
Editions Arléa, 2015

Invités à échanger autour d’une nouvelle approche du paysage par la Cité de l’Architecture en 2012, l’écrivain, poète et dramaturge Jean-Christophe Bailly et le paysagiste, urbaniste et architecte Alexandre Chemetoff ont choisi l’exploration de la Plaine Achille à St Etienne et de son ancienne Manufacture d’armement comme matière à cette conférence. L'ouvrage est le fruit de leur rencontre et collaboration.

Il s’agit d’un texte passionnant qui, sous forme d'une pérégrination illustrée, d’un carnet de bord documenté, propose une lecture philosophique de la transformation et de la fidélité à l’esprit des lieux qu’ils ont traversés.

Le terme « changement à vue » est un terme issu du théâtre qui signifie « un changement de décor effectué rapidement sous le regard du public », il est ici utilisé avec l’intention de souligner ces passages d’un état à un autre produit à la vue de tous.