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En pleine crise climatique, un mouvement international de collectifs artistes/activistes a pris forme autour d'une revendication commune adressée à des institutions culturelles: couper tous les liens avec les énergies fossiles. Haro sur le parrainage de la Tate Gallery à Londres par BP, sur celui du programme sur le changement climatique au London Science Museum par Shell, du Louvre par Total, ainsi que sur la position du scepticisme climatique de David Koch au sein du conseil d'administration de l'American Museum of Natural History. Ces collectifs ciblent le rôle joué par les institutions culturelles dans une variable de l’ “éco blanchiment”, l' “art blanchiment” ou, plus explicitement, la manière dont les grandes entreprises d’énergies fossiles blanchissent leur image publique via des sponsors vers l’art, tout en détournant l'attention de leurs incessantes violations des droits humains et environnementaux à travers le monde.

A l'occasion de la 21e Conférences des Nations unis sur le changement climatique, qui se tient à Paris du 30 novembre au 11 décembre, Les Laboratoires d'Aubervilliers et La Générale à Paris accueillent sur deux jours des collectifs artistes/activistes venant de 7 pays différents qui tous développent un travail de "désinvestissement culturel" empruntant leurs méthodologies à la critique institutionnelle et ce afin d'appeler les institutions culturelles à couper tous liens avec leurs sponsors issus des énergies fossiles. Certains de ces groupes sont Liberate Tate (Royaume-Uni), BP or not BP? (Royaume-Uni), et Not An Alternative (US).

En faisant appel, dans une égale mesure, aux stratégies de réforme des pratiques artistiques de la critique institutionnelle et à l’organisation militante, ces collectifs suggèrent que nous devrions repenser notre relation aux institutions. Et cela pour non seulement imaginer des formes d’opposition, de dissolution ou des solutions pour échapper au pouvoir institutionnel existant ; mais aussi pour réfléchir à la manière dont les formes institutionnelles existantes peuvent être tout à la fois occupées et utilisées comme outils de production de la culture et de la solidarité collective contre les entreprises et municipalités qui portent la plus grande responsabilité de ce changement climatique.

Mardi 8 décembre 2015 à 19h
Une soirée de débat public est organisées aux Laboratoires d'Aubervilliers, réunissant notamment des artistes de Not Alternative (USA), BP or not BP? (UK) et Liberate Tate (UK).

 

Liberate Tate, Human Cost, 2011. Performance à longue durée réalisée dans les salle de la Tate Britain à Londres pour le premier anniversaire de la catastrophe pétrolière de BP dans le golfe du Mexique - © Amy Scaife