Pour cette cinquième édition, Les Laboratoires d’Aubervilliers programment donc des ateliers de lecture qui, à raison de deux rencontres mensuelles, proposent de mener collectivement recherches et réflexions autour de la problématique spécifique abordée depuis différentes disciplines (l’art, les sciences humaines, la politique). Ces ateliers participent à la construction du « Printemps des Laboratoires », projet de recherche partagée qui se décline tout au long de l’année via des workshops, tables rondes, projections jusqu’à l’avènement d'une plateforme publique de rencontres, performances et projections. Ce rendez-vous public, qui aura lieu en juin 2017, en constitue la mise en perspective finale à une échelle internationale. La programmation est articulée chaque année autour d'une problématique spécifique qui cette année, afin de prolonger et d'approfondir les questions, champs et domaines abordés et soulevés l'an passé. Cette année est placée sous le titre de l'« ESP (Extra Sensorial Perception) ».

Il sera question de comment faire de la place dans nos vies à des voix multiples et contradictoires, à un “Je” non unique, centre de gravité narratif, à des entités non-humaines et autres mondes invisibles, de comment en être remplis sans être assaillis. On se demandera ce que peut être une mystique contemporaine et dans quelle histoire hallucinée, illuminée, visionnaire nous souhaitons nous situer aujourd’hui. On cherchera les méthodes de désindividualisation afin de partager ces visions et de les rendre collectives et habitables.

Pour mener à bien cette réflexion collective nous vous proposons de nous réunir, un jeudi sur deux, à partir du 6 octobre, de 16h à 18h.  Un ou plusieurs textes sont proposés et/ou choisi à chaque atelier pour le suivant.

Les dates exactes de ces ateliers sont les suivantes : les jeudis 6 octobre, 20 octobre, 3 novembre, 17 novembre, 1er décembre et 15 décembre 2016, puis les jeudis 5 janvier, 19 janvier, 2 février, 16 février, 2 mars, 16 mars, 30 mars, 13 avril et 27 avril 2017


Jeudi 6 octobre 2016  -  Atelier #1

Nous avons ouvert ce cyle avec l'étude du Manifeste Cyborg de Donna Haraway, pour lequel Christophe Fiat nous a fait l'honneur de venir pour en assurer la présentation.
Utilisant la figure du cyborg comme une métaphore à la croisée de la science et de la fiction, Donna Haraway nous invite à nous ouvrir à de nouvelles narrations de l’humain et de la nature et à transgresser les frontières en abandonnant les pensées dualistes qui dissocient nature et science, organique et machinique, homme et femme, animaux et humains, corps et esprit.

Jeudi 20 octobre 2016 - Atelier # 2 

Pour le second atelier de lecture et afin de poursuivre la réflexion ouverte par la lecture du Manifeste Cyborg de Donna Haraway lors de la séance précédente, Nina Kennel a proposer au grouupe de se pencher sur deux textes de Vinciane Despret : « H comme Hiérarchie. La dominance des mâles ne serait-elle pas un mythe ? » et « N comme Nécessité. Peut-on conduire un rat à l’infanticide ? », tous deux extraits de son livre Que diraient les animaux, si… on leur posait les bonnes questions ?, publié en 2012 aux éditions de La Découverte.


Jeudi 3 novembre 2016 - Atelier # 3

Pour ce troisième atelier de lecture et afin de poursuivre les réflexions entamées autour de textes de Donna Haraway et Vinciane Despret, Jeff Guess, artiste et enseignant à l'Ensapc, propose que nous nous penchions sur un texte de Dominique Lestel - philosophe, éthologue français et membre d'une équipe de recherche en éco-anthropologie et ethnologie du Muséum national d'histoire naturelle - issu de son livre Les origines animales de la culture, publié en 2001 chez Flammarion. Dans le chapitre IV de son livre, intitulé « Est-ce que les animaux disent quelque chose à quelqu'un ? Paradoxes et complexités des communications animales », Dominique Lestel, dresse un catalogue des moyens de communication des animaux non-humains.


Jeudi 17 novembre 2016 - Atelier # 4

Pour ce quatrième atelier de lecture, Zoé Pautet et Zoé Philibert, toutes deux jeunes dîplomées de l'Ensapc, proposent que nous étudions un extrait du texte de Vilèm Flusser & Louis Bec, Vampyroteuthis Infernalis, publié aux Editions Zones Sensibles en 2015, et plus particulièrement les chapitres 3 et 4. Partant des travaux de Vilém Flusser et Louis Bec, Zoé Pautet et Zoé Philibert ont entamé une série de recherches pour comprendre le Vampyroteuthis infernalis. En amont, elles présenteront leur recherche afin d'ouvrir les pistes de lecture potentielles de ce texte.

 
Jeudi 1er décembre 2016 - Atelier # 5

Pour ce cinquième atelier de lecture, Paola Quilici, jeune diplômée de l’ENSAPC, a proposé l'étude de deux passages du livre d’Arnaud Esquerre Théorie des événements extraterrestres, Essai sur le récit fantastique, publié aux éditions Fayard en 2016. Partant des archives du GEIPAN (Groupe d’Etudes et d’Informations sur les Phénomènes Aérospatiaux Non Identifiés), ce texte traite des systèmes narratifs à l’oeuvre dans les témoignages (oraux et écrits) d’événements extraterrestres (vécus ou non). Dans le même temps, Paola Quilici a présenté ses recherches formelles et théoriques qui ont découlées de cette lecture.


Jeudi 15 décembre 2016 - Atelier # 6

Pour ce sixième atelier de lecture et pour rebondir sur les discussions amorcées lors de l'atelier précédent autour des phénomènes lumineux,  Hugo Caillaud, jeune diplômé de l'Ensapc, a proposé l'étude de L'éloge de l'ombre (陰翳礼讃), un essai sur l'esthétique japonaise écrit par Jun'ichirō Tanizaki. Publié en 1933 au Japon, L'éloge de l'ombre a été traduit en français par le japonologue René Sieffert et publié en 1977 aux Publications orientalistes de France. Cette rencontre a été l'occasion d'aborder les différents aspects de ce texte autour de l'importance de l'ombre et la manière dont l'ombre permet l'apparition de mondes autres, mais également de revenir sur le concept du beau dans la tradition Japonaise tout comme du contexte qui permet d'en saisir les aspects, à savoir l'équilibre entre la lumière et l'ombre.

Jeudi 5 janvier 2017 - Atelier # 7

Pour ce septième atelier de lecture, nous avons convié l’artiste Simon Ripoll Hurier pour une séance exceptionnelle. Celui-ci proposera une pratique de Remote Viewing. « Le Remote Viewing est une technique de description de lieux, d'événements, d'objets ou de personnes, distants dans l'espace ou le temps. Développée principalement aux États-Unis dans le cadre du fameux programme Stargate de la CIA, elle fut (et continue d'être ?) l'une des pratiques les plus prometteuses de ‘canalisation’ des perceptions non-sensorielles ». L'atelier est exceptionnellement limité à 15 personnes.

Jeudi 19 janvier 2017 - Atelier # 8

Pour ce huitième atelier de lecture dans le cadre du Printemps des Laboratoires et de l’exploration des perceptions extra sensorielles, nous avons convié la réalisatrice et scénariste Yolande Zauberman avec la photographe et écrivain Paulina Spiechowicz, co-créatrices du livre Les mots qui nous manquent, paru à l’automne 2016. Cet atelier a été l'occasion de faire l’expérience de l’invisibilité et de la visibilité du langage, à travers l'exploration des mots qui manquent à nos langues mais existent dans d’autres.

Jeudi 2 février 2017 - Atelier # 9

Ce neuvième atelier de lecture a été placé sous le signe de La nuit des prolétaires de Jacques Rancière, et plus particulièrement de son épilogue La nuit d’octobre. Cet épilogue met l’accent sur des extraits de lettres envoyées par Désirée Véret à Victor Considerant (fouriériste, exilé aux USA dans une commune utopiste, puis soutien de la Commune en 1871 et membre de l’Internationale), lui rappelant la passion qui les unissaient 53 ans plus tôt en 1837 aussi bien dans la vie affective que sociale. Ici les invisibles se retrouvaient au croisement de l'amour, des utopies politiques et de la passion de l’esprit.

Jeudi 16 février 2017 - Atelier # 10

Pour ce dixième atelier de lecture, il a été proposé à l'ensemble des participants de vivre une démarche collective d’éducation populaire, autour de deux textes résonnant particulièrement avec l’atelier précédent. Tandis que Le livre des Jours de Taha Hussein illuminait La nuit des prolétaires, A nos amis du comité invisible, et en particulier le chapitre « Omnia sunt communia », a permis d'étayer nos réflexions sur la destitution et le devenir révolutionnaire. Ce dernier texte a servit de point de départ pour définir la commune comme qualité de lien et façon d’être dans le monde.