Projet artistique


2013-2018

Engagées depuis 2013 à la direction des Laboratoires d’Aubervilliers, nous affirmons et développons des axes qui émanent tant des principes fondateurs de ce lieu d’une rare exigence que de nos convictions personnelles : construire pour les artistes les meilleures conditions possibles d’expérimentation et d’émergences de nouvelles formes - et pour ce faire leur donner du temps est fondamental - ; faire des Laboratoires d’Aubervilliers un lieu collectif où l’art et la poésie s’allient à une pensée de la citoyenneté, accueillir des “pratiques” plus que des “disciplines” ;  lier ces pratiques à la théorie et faire en sorte que la production de formes avoisine ou croise celle des savoirs ; enfin, réaménager un espace qui puisse soutenir les fragiles tentatives de formulation de nouvelles utopies et des modes d’existence pluriels.

Parce que nous considèrons que c’est en affirmant un espace circonscrit de l’art que nous pourrons le rendre poreux à ce qui l’entoure et y tisser une pensée complexe, nous questionnons en permanence la nature et le rôle de l’institution artistique. Nous poursuivons les cycles de programmation annuels articulés autour de problématiques sociales et politiques. Après la question des communs, des relations entre l’art et le travail, du renouvellement d’une critique performative, nous nous engageons cette année sur la voie d’un dépassement de l’approche ultra médicalisée de la société et continuons dans les trois années à venir, à travers des ateliers de lectures et autres rencontres publiques régulières, à constituer un lieu qui puisse fédérer des communautés d’intérêts partagés autour de questions contemporaines, urgentes à traiter.

Enfin, nous avons à cœur de penser avec les artistes nos propres localités. Interroger ces localités avec les acteurs de la ville ou des environs, et pas seulement ceux issus de l’art, en dialogue avec des collectifs de chercheurs que nous avons choisi d’accompagner, à travers aussi les constellations que nous construisons à un niveau plus international, avec des personnes ou des institutions, constitue le moyen d’adresser et d’inventer de nouvelles modalités d’un agir ensemble.


Alexandra Baudelot, Dora García et Mathilde Villeneuve